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All the facts about kotokoli tem history

Aug 04, 2019

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The facts about kotokoli Tem history HISTOIRE DU ROYAUME TEM DE TCHAOUDJO INTRODUCTION GENERALE S’il est vrai comme le dit le journaliste Alain Foka que « Nul n’a le droit d’effacer une page de l’histoire d’un peuple car un peuple sans histoire est un monde sans âme » , il est aussi nécessaire voire indispensable que chaque peuple prenne conscience qu’il faut reconstituer sa propre histoire. En effet, Eugène Pittard paraphrasant Hegel n’écrivait-il pas en 1953 que : « Les races africaines proprement dites (celle de l’Egypte et d’une partie de l’Afrique Mineure mise à part), n’ont guère participé à l’histoire telle que l’entendent les historiens…Je ne me refuse pas à accepter que nous avons dans les veines quelques gouttes d’un sang africain (d’Africain à peau vraisemblablement jaune) mais nous devons avouer que ce qu’il en peut subsister est bien difficile à retrouver. Donc deux races humaines habitant l’Afrique ont seules joué un rôle efficient dans l’histoire universelle : en premier lieu et d’une façon considérable les Egyptiens puis les peuples du nord de l’Afrique » C’est dans le but de briser les élucubrations de ces penseurs occidentaux qui dénient toute histoire à l’Afrique que Patrice Lumumba écrit : « l’histoire dira un jour son mot…L’Afrique écrira sa propre histoire ». Ainsi, c’est dans le souci de faire la lumière sur l’histoire du royaume tem du Tchaoudjo dont certains des aspects ont déjà fait l’objet d’étude par nos prédécesseurs, que nous avons choisi notre thème que voici : « LES NOUVELLES HEGEMONIES DE LA REGION SEPTENTRIONALE. LE ROYAUME TEM DU TCHAOUDJO (1880-1914) ». Etant donné que l’histoire n’est jamais écrite une fois pour toute et qu’elle se renouvelle au rythme de l’évolution des sources documentaires et surtout du questionnement, nous avons voulu traiter certains aspects restés encore sous silence et apporter quelques précisions sur d’autres. En effet pour traiter ce thème, nous avons choisi un cadre spatial et chronologique très réduit. Par ailleurs, le choix de notre thème n’est pas le fait du hasard. Il s’explique par la motivation que nous avons pour les études monographiques. De même, l’intérêt scientifique que nous trouvons en de telles études, c’est celui de contribuer à reconstituer l’histoire globale du Togo en général et celle du pays tem en particulier. Pour dégager le sens de notre travail, nous dirons que les dates qui délimitent notre thème de recherche sont significatives. En effet, 1880 est la date à laquelle le royaume a pris véritablement son essor pendant le règne de Ouro-Djobo Boukari dit « sémôh » de Kparatao . C’est aussi la date à laquelle il aurait pris le pouvoir suite à la guerre qui l’aurait opposé à Yélivo . 1914 est la date à laquelle les Allemands quittent le Togo après leur défaite de la « Grande guerre » cédant la place aux Français. Après cet exposé, une série de questions se posent : Comment se fit le peuplement du royaume et quelle évolution connurent ses peuples de 1880 à 1914 ? Dans quelles conditions voit-il le jour ? Quelle évolution connaît-il ? Comment s’explique la sédentarisation du pouvoir royal du Tchaoudjo à Kparatao ? Qui furent les principaux acteurs de sa formation ? Quels rôles jouèrent les sémassi dans le trafic esclavagiste ? Quels furent les changements provoqués au sein du royaume au contact des Allemands ? Quel rôle joue-t-il dans le nouveau contexte ? En effet, l’histoire du Togo a fait l’objet de plusieurs recherches tant par les chercheurs étrangers que par les chercheurs nationaux et les étudiants de l’Université de Lomé. Tous ces travaux, dans leur ensemble ont permis d’avoir un éclairage nouveau sur l’histoire des différents peuples du Togo. Mais, si l’histoire de la plupart des populations du sud-Togo telle que celle des Guin, des Mina et des Ewé est connue, cela n’est pas pour autant le cas en ce qui concerne l’histoire des peuples de l’hinterland (tels que les Kabiyè, les Losso, les Tem etc.). Ceci s’explique d’une part, par le fait que ces peuples du sud ont eu un contact précoce avec l’homme blanc et d’autre part, par l’abondance de la littérature historique dont ils disposent sur leur passé. Afin de réussir ce travail, nous avons parcouru la plupart des travaux qui ont déjà abordé notre thème. De ce fait, nous avons pu recenser les documents qui ont traité de l’histoire générale de l’Afrique, du Togo et ceux qui ont traité spécifiquement de l’histoire des Tem. En dépit de notre documentation très variée, nous nous sommes confronté à des lacunes d’informations précises sur notre thème. Les obstacles rencontrés sont liés à l’état très précaire et de délabrement des documents écrits (surtout les archives), à la rareté des sources documentaires relatives aux populations du Nord-Togo, au manque de moyens financiers et matériels. Quant aux enquêtes sur le terrain, la tâche n’a pas été du tout facile. Les obstacles rencontrés sont liés au manque de personnes ressources car la plupart de nos informateurs se contentent de répéter les versions transmises par les ancêtres ou carrément tentent de forger leur propre version des faits. Nous étions également confronté aux problèmes de réticence de nos informateurs qui refusent de nous livrer les informations car ils croyaient que nous étions mus par des mobiles politiques. En dépit de cette situation, nous avons fait de la tradition orale notre cheval de bataille avec tout ce qu’elle comporte comme inconvénients. Nous n’avons pas la chance de rencontrer les personnes « idéales » puisque la plupart de nos informateurs n’ont pas vécu la période qui correspond à notre étude (1880-1914). Ils tiennent leurs informations de leurs parents. C’est donc avec une grande prudence que nous utilisons les témoignages oraux. Néanmoins, nous avons pu recueillir suffisamment d’informations qui nous permettront de faire la lumière sur l’histoire du royaume tem du Tchaoudjo. En définitive, soulignons que toutes ces difficultés citées plus haut ont exigé de nous une attention particulière, mieux une analyse très approfondie et un sens critique. Dans ces conditions, nous nous sommes efforcé de combiner aussi harmonieusement que possible les différentes informations recueillies sur les Tem pour pouvoir rendre intelligible notre travail. C’est grâce à cette méthode que nous sommes parvenu aux résultats réunis dans ce mémoire que nous présentons en deux grandes parties : La première partie intitulée origine et cadre de la constitution du royaume comprend trois chapitres: d’abord, la présentation générale du pays tem et histoire du peuplement, ensuite la constitution du royaume et enfin, l’organisation politique et économique du royaume. La seconde partie intitulée la militarisation du royaume comprend deux chapitres notamment : la militarisation et les différents conflits du royaume et le Tchaoudjo sous domination allemande. Mais avant d’entrer dans le vif du sujet, il nous paraît important pour la compréhension de notre travail d’expliquer l’utilisation d’un certain nombre de concepts. Ainsi, le choix du concept « royaume » au détriment des concepts « chefferies » et «confédération » est significatif. Selon le Petit Robert , la confédération se définit comme l’« union de plusieurs Etats qui s’associent tout en conservant leur souveraineté ». Quand on se réfère à l’histoire de l’Europe, on note l’exemple de la Confédération helvétique, de la Confédération de Délos pour la crise antique. Or, pour ce qui concerne notre étude, les sept villages constitutifs correspondent plus à une « union » plutôt qu’à une quelconque « souveraineté » puisqu’ils dépendaient tous du village à qui revenait le pouvoir royal. Ce qui prouve donc que les sept villages ne sont pas indépendants les uns des autres comme on a pu le croire. Pour ce qui est de la chefferie, le Petit Robert, la définit comme une « unité territoriale sur laquelle s’exerce l’autorité d’un chef de tribu ». Cette définition nous paraît insuffisante pour expliciter le cas du Tchaoudjo. Cependant, selon Larousse , le royaume est un « Etat gouverné par un roi ». Cette définition semble répondre à notre sujet d’autant plus que l’ « Etat » dans notre contexte peut englober plusieurs entités qui correspondent mieux aux sept villages constitutifs du royaume et le « roi » qui correspond au souverain ou à ouro-esso. Kotokoli ou Cotocoli : c’est une variation graphique. Les Allemands utilisaient la première forme et les Français la seconde. Ce terme désigne l’ethnie du pays tem. Pour raison de notre contexte historique, nous avons fait usage de la forme adoptée par les Allemands : Kotokoli. Pays : ce mot perd un peu de son sens premier dans notre contexte. Pour nous, il représente toute la région de peuplement tem. Tem : nous l’avons utilisé à la fois comme nom : Les Tem sont des Kotokoli, à la fois comme adjectif : Les Kotokoli sont de culture tem. Pays tem : le territoire sur lequel vit une population dont les membres se reconnaissent traditionnellement comme les « Temba » c’est-à-dire des gens qui parlent la même langue tem. Royaume tem du Tchaoudjo : qui fait l’objet de notre étude ne comprend que les sept villages constitutifs du royaume où seuls les Mola peuvent postuler au pouvoir royal. Kotokoli et Tem : La nuance entre les deux noms ne devrait pas poser des problèmes. Le Tem de l’avis de nos informateurs est l’habitant autochtone connu comme étant un agriculteur, un éleveur, un chasseur, un forgeron, un animiste, enraciné dans son milieu par ses occupations et sa culture. A propos des deux noms, Gayibor écrit : « Quoi qu’il en soit, l’ethnonyme kotokoli est le plus usité de nos jours. Il semble s’identifier plus aux éléments du groupe qui sont urbanisés et islamisés alors que le tem désignerait plutôt le monde rural et païen, le fonds ancien du peuplement. Ainsi donc cette appellation cotocoli ou kotokoli qui, à l’origine, ne semble avoir revêtu qu’une signification culturelle, s’est-elle imposée au détriment de tem ou temba, le véritable ethnonyme » C’est ce qui explique cette transmutation du tem en Kotokoli. Première partie ORIGINE ET CADRE DE LA CONSTITUTION DU ROYAUME Carte n°1 : schéma ethnique du Togo Source : Gayibor, 1996, p12 Chapitre1 : PRESENTATION GENERALE DU PAYS TEM ET HISTOIRE DU PEUPLEMENT Introduction On a fort peu de connaissances sur l’histoire du royaume tem du Tchaoudjo avant l’arrivée des Européens. Ceci s’explique par le fait que, nous manquons de traditionnistes de métier à l’instar des griots au Mali ou ailleurs en Afrique. De plus, il n’existe aucune chronique digne de ce nom qui puisse remonter à plus de 150 à 200 ans. D’une manière générale, dans la plupart des contrées du Togo, les populations vivaient sur les montagnes où elles se sentaient plus en sécurité. L’occupation du site de Tabalo situant sur le mont Malfakassa le confirme. De ce fait, il est important de décrire d’abord le cadre physique du pays tem et ensuite les stades de peuplement du royaume. 1- Présentation générale du pays tem 1-1. Situation géographique Les Tem constituent une entité hétérogène où à des degrés variables selon les régions, l’influence de l’Islam est très importante. Nous appelons pays tem, le territoire sur lequel vit une population dont les membres se reconnaissent traditionnellement comme les « Temba » c’est-à-dire des gens qui parlent la même langue tem. Le pays s’étend de Kéouda (sud de Fazao) jusqu’au delà de Bafilo. D’est en ouest, il s’étend sur la crête montagneuse de Malfakassa depuis Tabalo jusqu’à Kri-Kri (Adjéïdè) (voir carte n°2, p12). Le territoire ainsi défini englobe aujourd’hui plusieurs préfectures. Deux préfectures s’inscrivent entièrement dans le pays tem. Il s’agit de la préfecture de Tchaoudjo (chef-lieu Sokodé) et la préfecture d’Assoli (chef-lieu Bafilo). Actuellement les deux foyers tem, Tchaoudjo d’environ 2549 Km2 et Assoli 937,5Km2 couvrent moins de 4000Km2 sur les 56600Km2 que représente le territoire national . On rencontre aussi les Kotokoli dans trois autres préfectures où ils constituent des minorités : Bassar à l’ouest, Tchamba à l’est et Sotouboua et Blitta au sud. En dehors de ces cas, il existe des Tem ailleurs à Kozah, Ogou. Par ailleurs, nombreux sont les Kotokoli qui vivent hors du Togo. Ils sont dans les villages d’Alédjo-Koura, d’Akaradè et de Semere en République du Bénin, dans certaines localités du Ghana : Ahamassou, Kédjébi, Yendi, Koumassi, Accra etc. 1-2. Les traits géographiques dominants Le relief du pays tem est d’une grande variété et se présente de la façon suivante : -une succession de chaînes de montagnes orientées sud-ouest et nord-est. Ces chaînes s’étendent de Bafilo au nord jusqu’à Fazao, Boulohou au sud en passant par Koumondè, Alédjo, Tabalo et Malfakassa. Les plus fortes altitudes se situent au centre de la région de Malfakassa et au sud dans le Fazao. Par endroits, cette chaîne de montagnes a l’aspect d’une véritable muraille avec de fortes dénivellations. Le deuxième élément topographique à souligner est la série de collines s’intercalant entre la plaine du Mono à l’est et les montagnes d’Alédjo, juste au nord-est de Sokodé puis Tchavadi et Wassarabou jusqu’à Kpaza. – à l’est, une petite partie de l’immense plaine du Mono – à l’ouest, la plaine triangulaire du Mont Fazao développée sur le Buem . Très grossièrement, les correspondances topographiques sont les suivantes : à la vaste plaine du Mô, correspond le pays dahoméen (actuel Bénin) et la plaine du Mô-Fazao, le Buem. C’est la chaîne de l’Atakora qui est à l’origine des hauts reliefs du Togo central, il est fait de quartzistes essentiellement avec par endroits des schistes et des micaschistes traversés par de nombreux filons de quartz. Dans la plaine du Mô-Fazao, la série du Buem est composée localement de grès quartzistes relativement homogènes. Le climat est de type soudanais. De ce fait, on a deux saisons qui se succèdent : une saison sèche de novembre à avril et une saison de pluie de mai à octobre . Carte no2 : Carte administrative du pays tem Source : Tchanilé, 1987, p60 1-3. La pédologie Au point de vue pédologique, les sols sont assez variés, néanmoins, il existe des entités plus ou moins homogènes s’étendant sur de larges superficies : – une région à bonne fertilité des sols, région située au sud de Tchaoudjo, – une région au sol un peu pauvre au nord de Tchaoudjo et le secteur de Bafilo, – trois zones enclavées mais fertiles (Ouest-Fazao, Mô, Est-Mono) . 1-4. La végétation Le couvert végétal est constitué essentiellement de savanes herbeuses, arbustives, arborées et d’îlot forestiers localisés sur les massifs montagneux ou le long des cours d’eau (forêts-galeries). Les forêts classées de Fazao, de Malfakassa, d’Alédjo, zones non habitées ni cultivées représentent plus de 10% de la superficie régionale. 1-5. La faune Quant à la faune, celle-ci est très riche. Elle se trouve confinée dans les réserves ou forêts classées. On y rencontre des ruminants, des carnivores, des rongeurs comme des lions, des buffles, des biches, des éléphants. Toutes ces espèces sont en voie de disparition à cause de la chasse. Mais de nos jours, avec la politique de la protection de la faune, cette chasse est réglementée, voire interdite. 1-6. L’hydrographie Si nous considérons l’hydrographie, nous pouvons dire qu’avec la chaîne de l’Atakora, le pays kotokoli est un véritable château d’eau pour le Togo. La plupart des affluents du Mono comme Na, Kolowaré, Kpaza y prennent leurs sources. Le pays n’a point de problèmes d’eau comme dans le pays bassar. Cependant tous les cours d’eau ne sont pas permanents. Certains tarissent pendant les saisons sèches. Carte no3 : Le royaume tem du Tchaoudjo Source : Gayibor, 1997, p 346 2- Le peuplement du royaume En ce qui concerne le peuplement du royaume en général et plus précisément des premiers occupants, les versions diffèrent. Les récits écrits tant par les Européens que par les Togolais soutiennent l’ancienneté des groupes lama. Cette thèse est remise en cause par la tradition orale. Qui est-ce qui sont les premiers occupants avant l’arrivée des Mola ? Les Mola, qui sont-ils et d’où viennent-ils ? Quels sont les clans migrants ? Les réponses à ces trois questions nous permettront de mieux cerner les réalités qui concourent à l’occupation de ce site. 2-1- Les premiers occupants avant l’arrivée des Mola A propos des premiers occupants, nous avons recueillis des témoignages de divers auteurs : JC Froelich , estime que les plus anciens des habitants du pays sont des Lama de langue voltaïque et appartiennent au groupe des « paléonigritiques ». Capitaine Sicre abordant dans le même sens écrivait : « La race (lama) la plus autochtone que l’on connaisse a aujourd’hui totalement disparu du cercle de Sokodé, mais s’est décomposée en deux fractions Lambas et Cabrais dont un certain nombre de famille ont tendance à venir retrouver Sokodé, la terre de leurs lointains ancêtres ». Ali Napo écrit que : « le royaume tem de Tchaoudjo se partage avec les royaume Bassar, Dagomba et Tchokossi, la domination sur presque toutes les populations à l’exception de celles considérées comme autochtones kabyè et losso de tout le Nord-Togo » Cependant, la tradition orale révèle que les véritables autochtones du pays sont les Nawo, les Koli . -Les Nawo : ils font partie des clans autochtones du royaume. Leur ancêtre s’appelait Takam et leur origine est Lognadè, village situé actuellement sur la route Sokodé-Tchamba à côté de Kadambara. Ils détenaient le pouvoir d’électeur du souverain du Tchaoudjo. Pouvoir qu’ils ont perdu au temps de Ouro Koura de Birini . -Les Koli : Ceux-ci sont considérés également comme des autochtones. Leur centre de gravité semble être le village d’Effolo dans la préfecture d’Assoli. Ils se retrouvent un peu partout à Bassar, à Tchamba, à Agoulou et en pays kabiyè. Ils sont en majorité à Bafilo où ils constituent un noyau important jouant à la fois un rôle capital dans la vie politique de cette localité. En effet, en cas de vacance du pouvoir, c’est l’un des membres de ce clan qui assume l’intérim. Les Koli représentent une entité clanique assez forte. Ce sont de véritables forgerons et par conséquent des guerriers avertis. Certains vont encore plus loin, comme Agodomou Adam , jusqu’à affirmer que les Mola n’avaient retrouvé personne à leur arrivée ni à Tabalo, ni dans leurs sites actuels. Pour ce qui nous concerne, nous dirons que la thèse de l’antériorité du groupe lama soutenue par les Européens et les Togolais mérite une certaine précision. Ainsi, le sens du groupe lama ne peut se comprendre que sur le plan linguistique. Il désigne un ensemble de groupes ethniques qui parlent des langues apparentées comme le cas des Kabiyè, des Tem, des Lamba et des Logba. De ce fait, il ne désigne pas les seuls Kabiyè et Losso comme l’ont écrit Ali-Napo et JC Froelich et Sicre. Ainsi, l’antériorité des Koli et des Nawo défendue par la tradition orale peut se comprendre d’autant plus qu’ils sont tous deux des Tem et à plus forte raison parlent la même langue tem. 2-2 L’origine du clan mola, fondateur du royaume L’origine du clan dominant mola a fait l’objet de plusieurs versions. D’une part, par les Mola eux-mêmes et d’autre part, par les autres clans peuplant le royaume. On note ainsi deux hypothèses en ce qui concerne leur origine. 2-2-1. La thèse de l’origine arabe Celle-ci attribue aux Mola une origine arabe . En effet, c’est en bordure d’une localité située sur les rives de la Mer Rouge que serait venu le nom de Mola. L’ancêtre des Mola serait passé par le Soudan, le Tchad, le Nigeria et le nord du Dahomey (au Bénin) avant de s’installer à Tabalo. L’acceptation de cette thèse nous paraît difficile d’autant plus que nous y relevons une influence islamique manifeste. En effet, on constate partout en pays tem que le clan mola est foncièrement attaché à la pratique de la religion traditionnelle. Le royaume ainsi créé par les Mola est un royaume solidement lié aux cultes des ancêtres. La conversion des Mola à l’Islam remonte à l’accession au pouvoir de Ouro-Djobo Boukari de Kparatao. La royauté mola a reposé et repose encore de nos jours sur les rites animistes. Les rites funéraires et ceux de l’intronisation d’un nouveau souverain le confirment aisément. En revanche, la version qui nous paraît crédible est celle qui attribue aux Mola une origine gourma. 2-2-2. La thèse de l’origine gourma La troisième version qui nous paraît crédible fait venir le clan mola de la Haute-Volta (Burkina Faso actuel) et serait d’origine gourma. Cette thèse est soutenue par certains auteurs comme P. Alexandre, JC Froelich, R. Cornevin, et tout récemment JC Barbier, MM Tchanilé, NL Gayibor, Ouro-Djéri etc. En effet, dans leur ouvrage commun consacré aux Kotokoli, P. Alexandre et JC Froelich rapportent ce qui suit : « Un chasseur gourma, de clan mola, parti en avant-garde vers le sud, découvrit une région giboyeuse, qu’il décida d’y faire venir ses parents. Ceux-ci quittèrent Fada N’Gourma, sous la conduite de Kotokoro et vinrent s’installer à Tabalo » Nous pensons que cette thèse se rapproche plus de la réalité. Ainsi, les Mola ne commencent à apparaître dans l’univers tem qu’avec leur installation à Tabalo sur le Mont Malfakassa qu’on peut toutefois remonter entre le XVIè et le XVIIè siècles . Les Mola disent qu’ils viennent du pays gourma et qu’ils sont à l’origine de la fondation de Tabalo. De la même manière, Ali-Napo citant JC Froelich écrit : « Les Mola seraient de la première vague des envahisseurs gourma apparue à la fin du XVIIè siècle. Ils seraient originaires de Dadéni, arrivés par l’axe Mango-Kanté et s’installant dans les montagnes de l’Atakora pour fonder le village de Tabalo d’où après quelque temps de séjour, le temps de s’assimiler linguistiquement aux autochtones se répandent ensuite dans la plaine abandonnée par les Kabyè ». Il est bien évident qu’ils sont d’origine gourma mais ils ne sont pas à l’origine de la fondation de Tabalo comme le prétendent la tradition orale et JC Froelich. Certains clans tem y habitaient avant leur arrivée. Ceux-ci furent dominés par la suite par les Mola. De plus, il ressort de l’analyse des informations recueillies sur le terrain que les Mola retrouvèrent les populations autochtones à leur arrivée à Tabalo même s’il leur soit difficile de les identifier. 2-3. Les autres clans tem En dehors de ces clans autochtones et les Mola, on note la présence d’autres clans tem. C’est le cas des Dikéni, des Tagbabia, des Wari, des Nintché, des Louwo, des Sandou, des Bougoum etc. – Les Dikéni : Ils représentent une entité clanique non négligeable et font partie des autochtones du royaume. Ils sont originaires de Dantcho dans la préfecture de Bassar. On les retrouve actuellement un peu partout en pays tem. Ils sont à l’origine de la fondation des villages comme Kolina, Aguidagbadè, Kédjikadjo, Sabarignadè où ils détiennent les chefferies. Ils sont aussi de véritables forgerons. -Les Nintché : ils sont de véritables chasseurs et ont quitté leur village d’origine appelé Bowouda à la recherche des lieux giboyeux. Bowouda est situé au nord-est de Sokodé au pied du mont Koronga. On les trouve aussi à Alibi II sur la route de Tchamba. De nos jours, ce sont eux qui intronisent les chefs à Tchamba. -Les Sandou-Bougoum : Ces deux clans ont une même origine qui est Wassarabou situé sur la route Kparatao-Agoulou. Actuellement ils constituent deux clans distincts. Les Sandou sont à l’origine de la fondation de Wassaradè tandis que les Bougoum sont à l’origine de la fondation de Koumondé, sis sur la route nationale No1 entre la faille d’Alédjo et Bafilo. Néanmoins, ils observent toujours les mêmes interdits alimentaires et quelques cérémonies rituelles. -Les Adjouti ou Laoumbia : les gens (bia) de la forêt (laou) sont venus des régions d’Adélé. Ils ont fondé la chefferie de Kpalada et on les trouve aussi à Alédjo- Koura, à Kambolé, à Bago etc. 2-4. Les clans migrants Vers la fin du XIXè siècle, le royaume accordait son hospitalité à des commerçants étrangers. Parmi ceux-ci, on note les clans d’origine soudanaise comme les Touré (à l’origine de l’introduction de l’Islam), les Fofana, les Traoré, les Cissé, les Konaté etc. Il existe également les clans d’origine haoussa comme les Mendé et les clans d’origine dagomba comme les Daro. Conclusion D’une manière générale, nous dirons en ce qui concerne l’origine et le peuplement du royaume que d’une part, il était peuplé de clans tem avant l’arrivée des Mola. Ainsi, le problème d’autochtonie ne se pose plus quand on se réfère aux informations recueillies sur le terrain. Néanmoins, les Mola furent à l’origine de la fondation du royaume. Plus tard avec leur migration vers les plaines de la Kara et du Mô, ils y trouvèrent d’autres clans tem plus anciens. Aussi vécurent-ils ensemble dans ces nouveaux sites. D’autres clans étrangers s’y installèrent également, mais les Mola par la suite, les dominèrent tous sans exception. Cependant, les Mola n’étaient pas des musulmans à leur arrivée dans la région. Ce qui remet en cause la thèse de l’origine arabe. Ils ne se sont convertis à l’Islam que sous Ouro-Djobo Boukari de Kparatao. En outre, la thèse de l’origine gourma défendue tant par les Européens, les Togolais que par la tradition orale, nous paraît crédible d’autant plus qu’il subsiste encore jusqu’à aujourd’hui la parenté à plaisanterie entre les Gourma et les Tem. Après cette analyse, nous verrons dans le chapitre suivant les circonstances de la constitution du royaume. Chapitre 2 : LA CONSTITUTION DU ROYAUME Introduction Rappelons que l’ancêtre des Mola du nom de Gadaou s’était installé à Tabalo entre le XVIè et le XVIIè siècles. Après un long séjour à Tabalo, certains de ses fils pour diverses raisons, migrèrent vers les plaines de la Kara et du Mô et occupèrent leurs sites actuels. Nous verrons les circonstances de la constitution du royaume et les types de pouvoirs qu’on rencontre en pays tem au temps précolonial. 1 – De Tabalo à la naissance du royaume Ayant vécu longtemps à Tabalo, les Mola quittèrent leur site originel pour diverses raisons pour s’installer sur leurs sites actuels. L’occupation des nouveaux sites s’est faite d’une façon progressive. 1-1. Tabalo à l’installation des Mola Tabalo était un village où s’installa Gadaou qui reste toujours l’ancêtre des Mola. Ce village se situa sur une montagne à l’ouest entre Sokodé et Bassar. C’est là où Gadaou disparut de façon mystérieuse. Selon Ouro-Gaffo Badassa , un jour, Gadaou rassembla ses fils et leur annonça la triste nouvelle en ces termes : « il est temps que je retourne chez mes ancêtres » A ces paroles, Gadaou commença à s’enfoncer en terre. Les enfants se précipitèrent et enlevèrent le chapeau royal (sà) de sa tête. Cet endroit est devenu un point d’eau. Ainsi, tout nouveau ouro-esso est, à partir de ce moment, lavé de cette eau à son intronisation. De même tout nouveau souverain n’est pas autorisé à aller à cet endroit en signe du respect et de la soumission, car dit-on, l’enfant ne regarde pas la face de son père sous peine d’être sanctionné en signe du non respect à l’ordre hiérarchique . De nos jours, ce village est dédoublé en Tabalo I qui reste dans les montagnes à environ six Kilomètres de la route, et Tabalo II qui est aux abords de la route Sokodé-Bassar. Plusieurs causes ont été à l’origine de l’émigration des Mola de Tabalo vers leurs sites actuels. 1-2. Les causes de migration de Tabalo D’après certains chercheurs et la tradition orale, plusieurs causes ont contribué à déclencher le départ des Mola vers les plaines fertiles de la Kara et du Mô. Les premiers qui auraient quitté Tabalo furent les Mola suivis par les Koli, les Nawo et les Louwo . On retient les causes naturelles, économiques et démographiques. 1-2-1. Les causes naturelles Tabalo était un village situé sur le mont Malfakassa. A cet effet, avec ses fréquents éboulis de roches, il constituait un danger pour la population. De plus d’après notre informatrice , le site était infesté d’animaux féroces tels que les lions, panthères, chacals et des serpents venimeux. Pour éviter tout danger, les populations ont dû émigrer vers la plaine. En dehors des causes naturelles, il y a les causes économiques qui ont affecté les populations. 1-2-2. Les causes économiques Les surexploitations des petites parcelles de terres cultivables, disponibles autour du village, avaient entraîné l’épuisement rapide des surfaces cultivables. Les habitants étaient obligés de parcourir journellement de très longues distances afin de trouver de nouvelles terres vierges. Evoquant les mêmes causes, Gayibor écrit : « Très tôt, sans doute pour des raisons économiques et stratégiques les Mola, suivis de certains clans, ont essaimé à travers la plaine, vers l’est et le nord » Pour raison de proximité, ils durent quitter le lieu et se rapprocher davantage de leurs champs. La croissance rapide de la population n’était pas sans conséquence. 1-2-3. Les causes démographiques La population en croissance rapide, l’afflux incessant au fil des années des clans étrangers, en particulier les artisans Louwo, eurent pour conséquence, le surpeuplement du site qui s’avéra bientôt exigu. Les places pour construire de nouvelles habitations devenaient rares. Les habitants abandonnèrent le site en quête des espaces plus vastes où ils se sentiront bien aisés en ayant de vastes portions pour se bâtir de nouvelles habitations. Il n’est pas donc possible d’affirmer avec P. Alexandre et J.C. Froelich que : « les razzias d’esclaves étaient la cause certaine de ce départ », ni avec Léo Frobenius qui soutint la même thèse en ces termes : « Un jour, venus de l’ouest, les Tchokossi, avec les Wangara à leurs trousses, pénétrèrent dans le pays et le peuple Tabalo fut ainsi dispersé », étant donné qu’on sait que Tabalo était un site de montagnes inaccessibles aux cavaliers esclavagistes. De plus, les Mola ne se seraient pas installés dans les plaines de la Kara et du Mô s’ils avaient été chassés de Tabalo par des raids esclavagistes, car la plaine n’offrait aucune garantie sur le plan de la sécurité. On ne peut pas admettre non plus avec le capitaine Sicre qui soutient que : «les populations étaient descendues dans la plaine que du jour où la présence européenne avait garanti la paix dans le milieu », car cette migration s’était produite bien avant la pénétration européenne dans l’hinterland plus précisément dans le royaume sous le règne de Ouro-Djobo Boukari de Paratao en mai 1889 . Cependant, toutes les causes défendues par la tradition orale nous semblent crédibles d’autant plus que la plupart des Tem sont des agriculteurs et de ce fait, ils ont plus besoin des terres fertiles pour leurs diverses cultures. L’occupation de nouveaux sites s’est faite de façon progressive et aboutit finalement à la naissance du royaume. 1-3. L’occupation progressive et naissance du royaume Les descendants de Gadaou après avoir séjourné longtemps à côté de leur père à Tabalo, n’ont pas émigré en même temps et n’ont pas occupé non plus leurs sites au même moment. Certains ont occupé directement leurs sites tandis que d’autres ont fait des escales chez leurs frères avant d’aller occuper leurs sites respectifs. 1-3-1 L’occupation chronologique des sites Les chercheurs et la tradition orale révèlent que le premier village du royaume qui fut fondé est bien évidemment Kpangalam. Cependant, les versions diffèrent sur le nom du fondateur de ce village. D’une part, d’après les enquêtes menées par le sociologue français Barbier , le fondateur serait un certain Agoro Dam. D’autre part, selon l’information recueillie par le même auteur chez l’ancien secrétaire du chef Aguda Adam, le fondateur serait un chasseur nommé Agrinya dont la tombe serait encore visible. Par ailleurs, JC Froelich et Gayibor donnent ce nom comme étant celui du premier chef. Pour notre part, Ouro-Agoro Bodjo , nous a confirmé que Ouro Dam est certainement le fondateur de Kpangalam et premier souverain du Tchaoudjo. Il ressort toujours d’après la tradition orale que quelques années plus tard, Bang’na, frère cadet du fondateur de Kpangalam, serait venu vivre avec ce dernier. Peu de temps après être installé à Kpangalam, il se serait trouvé un emplacement plus à l’est pour s’y installer, lieu qu’il nomma Tchavadi. Il fut ainsi le deuxième souverain du Tchaoudjo et le premier chef de Tchavadi. Selon Djobo- Bivahi Mouhamadou, Ouro-Takpara serait le fondateur de Kadambara, troisième village à voir le jour. Il se serait installé d’abord à Agbandè près de Bassar. L’un d’entre ses fils aurait séduit une femme du chef de Bassar. Ce qui provoqua un conflit qui entraîna par la suite leur départ du site pour s’installer à Kadambara. De l’avis du même informateur, Kadambara vient du mot tem dabara qui signifie « Nous nous sommes enracinés ». Ce toponyme fait allusion à leur conflit contre Bassar. Ainsi, Takpara fut le premier chef de Kadambara et le troisième souverain du Tchaoudjo. Selon une information recueillie auprès de Ouro- Gbèlè Idrissou , le fondateur de Birini serait Ouro Tchatikpi qui n’a pas été souverain du Tchaoudjo mais il fut le premier chef de Birini. Le seul souverain du Tchaoudjo qui soit sorti de Birini était Ouro-Koura qui en fut le cinquième ouro-esso. Un certain nommé Uro Ifa serait parti de Tchavadi vers le sud à la recherche d’une zone giboyeuse et fonda le village Komah. Celui-ci comme son nom l’indique ne fut pas souverain du Tchaoudjo mais fut le premier chef de Komah. Selon Ouro-Akpo Kassim , le fondateur de Yélivo du nom de Ouro Dam se serait installé d’abord auprès de son frère à Birini. De là, il alla plus à l’ouest pour fonder Yélivo. Un autre groupe vint séjourner à Kadambara pendant une ou deux décennies. Après cette longue escale, le groupe continua son chemin pour fonder le village de Nadjoma. C’est de là et avec l’intention de trouver de bonnes terres qu’un certain Djeri Fama aurait quitté ses pairs pour fonder Kparatao . Ces villages constitutifs du royaume avaient des liens particuliers deux à deux en fonction de la consanguinité des fondateurs. Ainsi, ces liens s’observent entre Kpangalam et Tchavadi, entre Birini et Yélivo, entre Kadambara et Kparatao et plus tard entre Tchavadi et Komah. Les sept villages précités vont être à l’origine de la naissance du royaume tem du Tchaoudjo. 1-3-2. Naissance et évolution du royaume On ne peut véritablement parler du royaume tem du Tchaoudjo qu’à partir du moment où les autres villages (Tchavadi, Kadambara, Birini, Komah, Yélivo et Kparatao) se sont réunis à l’initiative de Tchavadi pour combattre Kpangalam qui avait monopolisé le pouvoir. D’une part, selon Gayibor , « Kpangalam est la première à assumer le pouvoir à la tête du royaume pendant deux règnes ». D’autre part, il semble d’après Ouro-Agoro Bodjo que Kpangalam aurait fait plus de deux règnes successifs. Quand Tchavadi fit appel aux autres villages pour l’aider à reprendre le pouvoir chez leur grand frère de Kpangalam, les cinq villages se seraient engagés de participer à ce combat mais à condition qu’ils règnent à leur tour. Ce qui fut conclu. De ce fait, après la défaite de Kpangalam, Tchavadi prit le pouvoir. C’est ici que la loi de la rotation du pouvoir suprême du Tchaoudjo trouve son origine. Cependant seul Yélivo n’avait pas pu siéger au poste de souverain du Tchaoudjo pour des raisons que nous évoquerons dans la deuxième partie sur le conflit Kparatao -Yélivo . Comme nous l’avons évoqué précédemment, le royaume connut son apogée sous Ouro-Djobo Boukari de Kparatao. Celui-ci étend son hégémonie sur toute la région. A propos de l’extension du royaume, Gayibor citant von Zech rapporte : « Je crois qu’on peut considérer cette grande région comme une entité, étant donné qu’elle constitue un même édifice, non seulement sur le plan linguistique, mais aussi au niveau politique. Le très célèbre Uro Dyabo, c’est-à-dire le Seigneur ou Roi Dyabo, domine tout le pays temu, laissant plus ou moins de liberté aux chefs des diverses parties du pays. Le pouvoir de Dyabo dépasse même le pays temu et s’étend sur des territoires comme Tchamba, Alibi, une partie du pays anyanga, où la langue temu n’est pas parlée en tant que langue maternelle » L’étendue du royaume dont parle von Zech est discutable. Comme nous le verrons plus tard, Adam Méatchi a combattu du côté du royaume mais pas contre celui-ci. Si le Tchaoudjo englobait Tchamba et Alibi, comment Méatchi pouvait-il combattre Tchamba au profit de Kri-Kri qui lui fit appel ? Ce qui signifierait que le pouvoir de Djobo ne s’est, en outre, jamais exercé sur tout le pays tem. Certes, compte tenu de l’évolution fulgurante que ce royaume connut à partir de l’accession au trône de Djobo Boukari, on peut penser raisonnablement que son hégémonie aurait pu s’exercer par la suite sur l’ensemble du centre du Togo actuel. C’est sous son règne que le royaume connut véritablement son apogée. La migration des Mola donna naissance à deux types de pouvoirs en pays tem : Le pouvoir suprême du Tchaoudjo et le pouvoir des villages. 2- Les pouvoirs en pays tem au temps précolonial La migration des Mola de Tabalo vers leurs sites actuels avait donné naissance à deux types de pouvoirs qu’on rencontre en pays tem avec bien évidemment à la tête le pouvoir suprême du Tchaoudjo. En effet, Le royaume tem du Tchaoudjo est un royaume bien organisé sur le plan politique. Ainsi, pour postuler au pouvoir en pays tem, il faut avoir rempli un certain nombre de conditions. Mais, ces conditions varient selon les pouvoirs. 2-1. Le pouvoir suprême du Tchaoudjo Rappelons que le pouvoir suprême du Tchaoudjo avait été instauré par les sept villages du clan mola. Il s’agit de Kpangalam, Tchavadi, Kadambara, Birini, Komah, Yélivo et Kparatao. Cette forme d’organisation existait chez les Tem bien avant la pénétration allemande. Ce qui n’était pas le cas chez leurs voisins kabiyè. En effet, tout postulant au poste de ouro-esso doit être du clan mola appartenant à l’un ou à l’autre des sept villages constitutifs du royaume. Le postulant doit être apte sur le plan physique. Il doit avoir une bonne moralité, doit être un enfant légitime . De plus, il doit jouir d’une certaine popularité. Ainsi, tout postulant qui remplit toutes ces conditions peut-être considéré comme porteur de bonheur et de prospérité pour le royaume. De plus le pouvoir est rotatif sans qu’on puisse désigner deux souverains successifs dans le même village ou lignage. Ceci sous l’arbitrage du clan daro de Tchalo. Cependant, il n’existe pas de procédure de détrônement comme c’était le cas dans les autres contrées d’Afrique notamment chez les Tchagga en Tanzanie où le chef peut-être déposé par l’assemblée des guerriers, c’est-à-dire par des hommes âgés de trente à quarante-cinq ans s’il violait la coutume. Autrement dit, si le chef pose un acte qui est contraire à la loi coutumière, la pénalité qu’il en court, c’est celle de perdre son pouvoir. Ce pouvoir relève de cette assemblée qui est composée des hommes sages, supposés capables d’assumer cette lourde responsabilité. Par ailleurs, il en est de même chez les Bemba en Zambie où le Citimukulu (chef) devait tenir compte de l’avis de quarante conseillers héréditaires les plus anciens et chargés de certains rites indispensables à l’exercice du pouvoir, avant de prendre une décision sous peine d’être déposé par ces derniers . Le chef du Tchaoudjo prenait le titre de ouro-esso ou souverain et il a droit de vie et de mort sur son peuple. De l’avis de notre informateur Ouro-Touh Adam , le chef prend le titre de ouro-esso car il est considéré comme le représentant de Dieu sur la terre et de ce fait, il doit être loué par son peuple comme les fidèles le font à l’égard de Dieu. Le nouveau souverain recevait son investiture des mains du chef de Tabalo qui est considéré comme son père. Le choix du chef de villages obéit aussi à des règles plus particulières aux villages. 2-2- Le pouvoir des villages Il concerne les villages fondés soit par les mola ou soit par les autres clans tem. Le critère fondamental dans ce type de pouvoir est l’appartenance du postulant au clan fondateur du village, seul héritier de la chefferie. C’est ainsi qu’on a certains chefs de villages de clans mola et d’autres de clans non mola. L’exemple du village d’Agoulou où le chef est du clan mola et celui du village de Kolina où le chef est du clan dikéni. Les mêmes qualités physiques et morales de la personnalité du chef sont exigées de même que l’alternance entre les lignages. Le choix du chef doit toutefois, recevoir l’approbation de ouro-esso à qui le nouveau chef doit, avant d’être définitivement investi, rendre un hommage servile (yoma sedi « salut d’esclaves ») surtout à l’époque précoloniale. Dans l’ensemble, les chefs de villages étaient généralement plus âgés que les souverains du Tchaoudjo au moment de leur nomination car on prétend que leur marge de manœuvre se limitait dans leurs villages par rapport au souverain qui doit gérer en plus des affaires du royaume, quelques unes des autres villages tem supposées délicates ou complexes. Carte no4 : Les chefferies en pays tem Source : Barbier, 1995, p20 Note : La chefferie de Kpaza est fondée par les Touré et non par les Mola comme l’atteste JC Barbier. CONCLUSION En définitive, Gadaou était l’ancêtre du clan mola, originaire du pays gourma. Il s’était installé dans la zone montagneuse à Tabalo. Par la suite pour des raisons d’ordre naturel, économique et sociodémographique, les populations émigrèrent vers les plaines de la Kara et du Mô. Cependant, les incursions des esclavagistes évoquées par certains auteurs nous paraissent injustifiables car la plaine n’offrait aucune garantie sur le plan de la sécurité. Cette migration s’était faite par étape donnant naissance à des villages, qui à leur tour allaient constituer le royaume tem du Tchaoudjo. D’une manière générale, le pays tem comportait deux types de pouvoirs. Des règles bien définies, régissaient la désignation de tout nouveau souverain. Mais, ces règles furent violées à deux reprises en ce qui concerne le pouvoir suprême du Tchaoudjo : d’une part, par Ouro-Djobo Boukari de Kparatao et d’autre part, par Komah . Le royaume tem du Tchaoudjo a su garder son intégrité et son influence sur les autres peuples de la région grâce à son organisation politique et économique. Chapitre 3 : L’ORGANISATION POLITIQUE ET ECONOMIQUE DU ROYAUME Introduction Rappelons que les villages constitutifs du royaume furent fondés par les Mola avec l’appui des populations autochtones . Comme toute organisation étatique, le royaume tem du Tchaoudjo était bien organisé sur les plans social, politique et économique. La plupart des communautés qu’elles soient autochtones ou allogènes occupèrent des fonctions spécifiques dans le royaume. 1- Structure socio-politique du royaume A l’instar de la Confédération de Délos dans l’antiquité grecque où Athènes avait joué un rôle pilote, Kparatao aussi va jouer le même rôle dans le royaume tem du Tchaoudjo. Ceci n’a pu être possible que grâce au charisme et à la forte personnalité de Ouro-Djobo Boukari qui fut le sixième ouro-esso du royaume. 1-1. L’organisation sociale du royaume Pour ce qui est de l’organisation sociale, notons que le royaume était composé d’une population hétérogène où il y a le brassage entre les clans. Chaque clan avait son rôle spécifique qu’il joue dans la société. Ainsi, seuls les Mola pouvaient-ils accéder au poste de ouro-esso. Les Nawo d’abord et ensuite les Daro jouèrent un rôle essentiel d’arbitrage. Depuis l’origine du royaume, le droit du choix du souverain fut détenu par le clan nawo. Mais au cours du règne de Ouro-Koura de Birini, un Nawo aurait fait la cour à une des femmes du souverain. Cet acte leur fit perdre leur rôle d’arbitrage au profit du clan daro . Les Touré Safara de leur côté furent à l’origine de l’introduction de l’Islam dans le royaume . Ces Touré Safara avec les Traoré et les Fofana ont seuls droit à l’imamat. Par ailleurs les Issa Touré originaires de Sokoto s’occupent seulement de la fonction de Malwa-ouro . Celui-ci intervient conjointement avec les Tchakpindé pour nommer l’imam grâce à son rôle social car d’une part, il est le chef des musulmans et d’autre part, il est considéré comme la première autorité religieuse. En cela, Malwa-ouro est supposé maîtriser les prescriptions divines qui régissent la religion et en cela constitue une personne ressource pour la nomination de l’imam. De la même manière, les Tchakpindé furent les plus anciens et de ce fait, sont censés trancher entre les trois clans (Touré, Fofana et Traoré) dans le choix de l’Imam. Les Tchakpindé en tant que doyens de Didaouré restent très puissants grâce à leurs connaissances des rites traditionnels de protection. En ce qui concerne la religion, les mola étaient animistes à leur arrivée dans le royaume. L’Islam ne gagne le royaume qu’avec l’arrivée des étrangers notamment les Touré au cours du XIXè siècle. En effet avec l’arrivée au pouvoir de Ouro-Djobo Boukari et surtout après sa conversion à l’Islam, il voulut l’imposer comme religion d’état . La conversion de Ouro-Djobo Boukari à l’Islam peut s’expliquer d’une part, par l’afflux des étrangers musulmans dans le royaume. A cette époque, le Tchaoudjo connut pour la première fois une religion monothéiste. D’autre part, après la guerre Kparatao-Yélivo, le souverain sollicita auprès de Adam Méatchi un expert en Islam (Alpha) pour prêcher à son peuple la nouvelle religion. Par ailleurs, on note aussi l’influence de son frère Abdulai Apu Traoré . Ces évènements auraient contribué énormément à la conversion Ouro Djobo. Cette époque marqua le rayonnement de l’Islam ainsi que l’apogée du royaume. La vie politique du royaume est d’une importance capitale. 1-2. L’organisation politique du royaume A la tête du royaume du royaume se trouve ouro-esso (Chef-dieu). Celui-ci est assisté dans ses tâches par un nombre important de notables. Ceux-ci sont pour la plupart chefs des autres villages constitutifs du royaume et des personnages sages proches du souverain. Il existait selon le terme moderne une forme de gestion « déconcentrée » du pouvoir royal. Ce qui signifie que certains pouvoirs étaient légués aux chefs locaux sous l’œil attentif du souverain. Ces chefs locaux doivent rendre compte de leur gestion à celui-ci. Ceci étant, le pouvoir du souverain était absolu. Il sillonnait de temps en temps les villages, réglait les conflits mineurs sur place et recensait les problèmes complexes qui seront traités plus tard au palais royal. Le souverain ne marche pas . Il est transporté chaque fois par les populations du village de départ pour une autre destination et ceci à tour de rôle . Douze souverains connus et nommés ont dominé la vie politique du royaume des origines à 1914. Les règnes qui ont plus marqué le royaume sont entre autres celui de Ouro- Koura qui accéda au trône après la mort de Ouro Akoriko de Komah. En effet, celui-ci permit la victoire du Tchaoudjo dans le second conflit Komah-Agoulou que nous verrons plus tard, grâce au rôle militaire qu’il avait joué. Sous son règne, le village Birini était entouré d’une muraille comme c’était le cas d’Agokoli à Notsè. Ceci à cause des conflits qui les opposaient aux populations d’Alibi sur les problèmes fonciers. Ainsi le village s’appelait Tchoboto qui signifie « village fortifié ». Ce souverain a régné sur le royaume durant quatre vingts ans. C’est le règne qui a le plus duré dans l’histoire du royaume tem du Tchaoudjo. A l’époque, les commerçants haoussa sillonnaient la région et étant donné que Tchoboto signifiait en langue haoussa « Birini », cette appellation haoussa supplanta celle des tem et le village garda jusqu’à aujourd’hui le nom Birini. Celui qui a aussi marqué l’histoire du royaume était Ouro-Djobo Boukari de Kparatao. En effet, celui-ci en cooptant les mercenaires djerma et en ayant la faveur des Allemands, avait dominé toute la région. Son règne ne dura que neuf ans. Il est à l’origine de la sédentarisation du pouvoir royal du Tchaoudjo à Kparatao . Rappelons que le royaume a connu justement son apogée sous son règne. Liste des souverains du Tchaoudjo des origines à 1914 (Barbier, 1995 : 126) 1- Ouro-Agoro Dam de Kpangalam (1785-1805) 2- Ouro-Bangna Tcha-Ali de Tchavadi (1805-1825) 3- Ouro Takpara de Kadambara (1825-1845) 4- Ouro Akoriko de Komah (1845-1865) 5- Ouro Koura de Birini (1865-1880) 6- Ouro -Djobo Boukari dit sémôh de Kparatao (1880-1889) 7- Ouro – Djobo Tchadjobo de Kparatao (1897-1901) 8- Ouro – Djobo Tchagodomou de Kparatao (1901-1906) 9- Ouro – Djobo Bouraïma de kparatao (1906-1924) Les auteurs comme Gayibor , Ouro-Djéri estiment que le septième et le huitième ouro-esso étaient destitués par les Allemands sans toutefois préciser les raisons de leur destitution. Cependant, d’après nos enquêtes, il ressort que les règnes des quatre souverains qui se sont succédé à Kparatao ont été éphémères à cause de la violation de la loi coutumière de désignation du souverain du Tchaoudjo par ce village royal. Ceci s’explique par le fait que d’une part, Kparatao avait usurpé le pouvoir qui normalement devait revenir à Yélivo et d’autre part, par la sédentarisation du pouvoir royal du Tchaoudjo dans ledit village. Ces deux évènements sont contraires à la loi coutumière qui stipule que le pouvoir doit être rotatif sans qu’on puisse désigner deux souverains dans le même village ou lignage. Si nous analysons la durée par règne, nous constatons évidemment qu’elle devînt plus ou moins courte avec l’accession au pouvoir de Ouro-Djobo Boukari. Ceci étant, les informations recueillies de la tradition orale nous expliquent mieux la situation. La prospérité du royaume s’explique aussi par ses activités économiques. 2- L’économie du royaume L’économie traditionnelle du royaume était basée à la fois sur l’agriculture et le commerce. Le commerce était fondé sur le transit des esclaves destinés à l’exportation. Mais le secteur artisanal n’était pas à négliger. La population tem était une population de travailleurs. Le royaume regorgeait de talents en ce qui concerne les travaux manuels. On y trouvait les agriculteurs, des éleveurs, des forgerons de même que des artisans. 2-1. L’agriculture. En milieu foncièrement traditionnel, l’agriculture était la principale activité des Kotokoli. C’est d’elle qu’ils tiraient l’essentiel de leurs moyens de subsistance. Les cultures vivrières de premier plan sont le mil et l’igname. Les techniques agricoles restent toujours rudimentaires. L’agriculture ne connaît pas la mécanisation. La houe, le coupe-coupe, la daba, restent toujours les outils les plus utilisés. Les 80% environ des produits agricoles sont consommés en milieu traditionnel par la population elle-même. Cette agriculture n’était pas aussi développée qu’en pays Bassar et n’utilisait pas l’engrais comme en pays kabiyè. Ainsi, Léo Frobénius l’a si bien remarqué lorsqu’il écrit en ces termes : « L’agriculture prospère, mais je ne crois pas avoir remarqué les récoltes aussi importantes qu’en pays bassar…Je n’ai jamais vu au pays tem une fosse d’engrais comme en possède chaque ferme kabiyè.» L’élevage joue un rôle non négligeable dans l’économie du royaume. 2-2. L’élevage Il concerne surtout la volaille tels les poulets, les pintades et le petit bétail tels les moutons et les chèvres. Quant au gros bétail, celui-ci était entièrement confié au Peul qu’on retrouve dans presque toutes les localités de la région. Pour ce faire, il n’existe aucun contrat entre le propriétaire et le Peul. Il existe cependant une sorte de « convention » entre eux. Celle-ci consiste à faire bénéficier le gardien peul d’un veau sur trois ou quatre que la vache donnera. En outre, le lait qu’on extrait tous les jours revient de plein droit au peul. Les femmes peulh commercialisent ce lait en vue de trouver des fonds pour quelques dépenses du ménage. Les tem étaient aussi de braves guerriers grâce à leurs équipements qui sont pour la plupart fabriqués sur place. 2-3. La forge. C’est une activité pratiquée par certains clans dont les plus connus sont les Koli et les Dikéni. Ces forgerons jouèrent un rôle de second plan dans la militarisation du Tchaoudjo. Ils fabriquaient des fusils traditionnels que les guerriers du royaume utilisaient dans leurs divers combats. C’est une profession héréditaire en quelque sorte puisque les enfants issus des parents forgerons ont la forte chance de devenir à leur tour forgerons. Ces forgerons tem s’approvisionnaient en fer de Bangeli en pays Bassar. Hormis leur rôle de forgerons, les Koli sont aussi de véritables guerriers d’où leur slogan: « Quand il y a l
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ग्रेट_सैल्यूट
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shankar

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Nanatsu no Taizai Season 2 Episode 4 - Anime Review
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shankar

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